Le bain au herbes et aux plantes médicinales au Moyen Age
Les bains aux plantes médicinales occupaient une place importante dans les pratiques d'hygiène du Moyen Âge. Bien loin des idées reçues, les populations utilisaient déjà de nombreuses herbes aromatiques et plantes naturelles pour se laver, se soigner et se détendre.
Les bains aux plantes constituaient ainsi une véritable tradition mêlant hygiène, médecine naturelle et bien-être.
L’hygiène corporelle au Moyen Âge
Au Moyen Âge, les pratiques d’hygiène variaient selon les milieux sociaux. Dans la vie quotidienne, il était courant de se laver principalement les parties visibles du corps, notamment les mains et le visage.
Les familles aisées possédaient parfois des cuves en bois, recouvertes d’un drap, permettant de réaliser une toilette complète et de s’immerger dans l’eau.
Les nourrissons étaient lavés plusieurs fois par jour et séchés immédiatement près d’une cheminée afin d’éviter qu’ils ne prennent froid.
Dans les campagnes, les populations rurales conservaient l’habitude de se laver le soir après une journée de travail, souvent dans les écuries.
Chez la noblesse, le bain était également associé au confort et à la détente. Les chevaliers, à leur retour au château, appréciaient de se délasser dans des bains chauds parfumés aux plantes aromatiques. Des cuves étaient également mises à disposition des invités dans les salons des résidences seigneuriales.
Les bains en décoction de plantes médicinales
Au Moyen Âge, il était fréquent d'ajouter des ingrédients naturels et des plantes médicinales dans l’eau du bain.
L’eau était souvent portée à ébullition avant d’y faire infuser différentes plantes réputées pour leurs propriétés apaisantes, purifiantes ou thérapeutiques.
Le savon existait déjà sous forme de pâte molle composée de cendre et de soufre, mais les populations utilisaient aussi une plante particulière appelée saponaire. Cette plante, reconnaissable à sa fleur rose, possédait la particularité de produire une mousse naturelle au contact de l’eau.
Les bains en décoction consistaient donc à se plonger dans une eau chaude enrichie de plantes destinées à équilibrer les "humeurs", selon les croyances médicales de l’époque.
Ces bains pouvaient également être recommandés aux femmes enceintes ou aux personnes âgées, afin de soulager certaines douleurs ou favoriser la détente.
Les plantes et fleurs utilisées dans les bains
Les mélanges de plantes utilisés dans les bains médiévaux faisaient appel à une grande variété de végétaux.
Parmi les plus couramment utilisés, on trouvait :
- Camomille : utilisée pour favoriser le sommeil et calmer la nervosité
- Thym : reconnu pour ses propriétés antibactériennes
- Feuilles de laurier : appréciées pour leurs vertus aromatiques
- Écorces d’orange : pour parfumer l’eau du bain
- Sauge et romarin : plantes médicinales très utilisées à l’époque
Les bains pouvaient également être agrémentés de fleurs parfumées telles que :
- les roses
- les pivoines
- la lavande
- les violettes
Il arrivait aussi que l’on ajoute du parfum naturel pour rendre l’expérience encore plus agréable.
Les bains publics au Moyen Âge
Les bains pouvaient être pris seul(e) ou à deux. Les populations les plus modestes continuaient parfois de se laver dans les ruisseaux ou les fontaines.
Dans les grandes villes, les anciens thermes romains furent progressivement remplacés par des étuves publiques.
Ces établissements permettaient de prendre un bain collectif et offraient parfois des services supplémentaires :
coiffure, massage ou passage chez le barbier pour les hommes.
Il était même possible d’y boire du vin sur des planches installées au-dessus des baignoires, appelées ponts de bain.
Quand l’eau devient suspecte : épidémies et condamnation religieuse
Malgré leur popularité, les bains publics ont progressivement acquis une mauvaise réputation.
Certains établissements possédaient des chambres attenantes aux salles d’eau, ce qui favorisa la prostitution et contribua à leur image de lieux de débauche.
Avec l’apparition de grandes épidémies comme la peste ou la syphilis, les médecins commencèrent à considérer les bains collectifs comme des lieux favorisant la propagation des maladies.
Le Clergé condamna également ces pratiques jugées immorales.
À cette époque, on croyait que l’eau pouvait pénétrer dans le corps par les pores de la peau et transmettre des maladies.
La fin du Moyen Âge marque ainsi un tournant dans les pratiques d’hygiène. On entre progressivement dans une période où la toilette sèche devient plus courante.










